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Ad Mare, Semper Dissimilis et Ante Noctem — Exposition collective

Stefan Plenkers, Ghislaine Marro et Priscille Deborah
13 mars – 13 mai 2015

Semper Dissimilis de Gislaine Marro

2014-09-12 16.00.42

 

Comment figurer dans l’espace les personnages liés au monde de l’inconscient, de l’enfance ?
Mes thèmes, à la fois latents et récurrents, expriment des émotions vécues, liées à l’inconscient de l’enfance. Mes créations me permettent d’exorciser mes traumas, de les trans-former. Je ne cherche pas à représenter le mouvement, je le suggère. Je crée des personnages, ni humains ni animaux, des hybrides asexués, toujours cachés derrière un masque. Le masque dont souvent nous nous trouvons affublés. La recherche artistique est, pour moi, une quête de soi, et, en même temps, une sortie de soi. Donner forme, donner vie … à un univers de personnages singuliers, comme posés là, figuratifs et pourtant abstraits, faits de métal et pourtant légers, ludiques et inquiétants. Et tous avec cet air de famille …
Pour réaliser mes personnages, j’utilise des techniques de soudure oxyacétylénique à l’étain et à l’arc. Pour donner plus d’âmes et de corps à mes sculptures, je les colore en fabriquant mes patines à base de composant chimique proche des principes des patines du bronze.
J’évolue en parallèle, depuis quelque temps, vers des réalisations plus « ouvertes » : qu’il s’agisse du jeune public avec lequel j’expérimente les notions de forme, d’espace ou encore d’installations interactives. La « Cabine des lires », par exemple, propose une autre approche pour une intimité qui s’expose au regard, à l’écoute. Le public y devient acteur en s’isolant à l’intérieur d’une cabine pour lire à voix haute un texte choisi, tandis que d’autres peuvent écouter grâce à des tubes et l’observer par de petits trous.
Sur cette voie, je m’intéresse également au « land art ». Ce type d’expression artistique a pour moi une toute autre résonance – plus douce, plus tranquille – que le travail du métal. Il instaure un rapport au monde à la fois interventionniste et apaisé. Mon projet de grande pièce en résine – à toutes jambes – participe de cette envie de travailler des formes destinées à s’échapper, à vivre leur vie dans un milieu cette fois urbain, tout en restant des sentinelles.

« S’il est vrai que l’on ne peut s’échapper de ce que l’on est vraiment,   l’art nourrit l’art nourrit cependant cet espoir fou. »

Gislaine Marro.

 

Ante Noctem de Priscille Deborah >

Interview Priscille Deborah, le 27/02/2015 : Trajectoire de vie, articulée autour du désir de peindre.

J’ai commencé à peindre jeune, à l’âge de 8 ans. Je prenais des cours avec des peintres différents, j’ai d’abord appris tout ce qui était académique, peindre d’après des bustes en plâtre, je prenais des cours aux beaux-arts de Versailles. Puis je me suis lancée dans l’abstrait : matière, collage, tout ce qui n’était pas rigide. Là j’avais une 20aine d’années. J’ai eu la chance de découvrir un peintre qui me donnait des petits exercices, et je m’amusais vraiment, je faisais de l’aléatoire, des transferts d’images, tout était matière à essayer. Puis, ca a trouvé ses limites car c’était trop décoratif mais je ne mettais pas assez de moi-même dedans. Je me sentais frustrée. Ce n’était pas ça que je cherchais, je voulais une peinture qui parte de l’émotion : j’ai découvert un peintre, Jean-Yves Guionet en 2002, qui nous a appris l’expressionnisme sensualiste : on part de la réalité pour aller vers son propre imaginaire et sa propre émotion. Ca donne une écriture sensible aux choses, qui permet de donner naissance à une foule de choses. Ca concilie les deux, il y a la possibilité de faire de l’académique tout en se rapprochant du hasard, de l’inconscient.

Moi par exemple, si je me laisse trop emporter, je tourne ma toile entièrement pourvoir si ça fonctionne au niveau du rythme, de la construction e je n’hésite pas à casser quelque chose qui me semble trop délimité. C’est de l’empirisme, on peint d’après les sens, même si on est toujours repris par le mental.
J’ai toujours 5 ou 6 toiles en cours au même moment. Quand je commence une séance de travail, je m’échauffe et je commence par une toile vierge ou à peine commencée, pour être dans le lâcher prise, et au bout d’une ou deux heures, je peux changer de toile et aller vers celle qui est presque finie. Je peux travailler 6 mois sur une toile, parfois c’est une évidence, une fulgurance. « La fulgurance de l’hésitation, la fulgurance de l’autorité », comme disait Nicolas de Staël. Parce que oui, il y a un moment où il faut trancher dans la vif et y aller, pour de bon.
Nous étions, autour de Guionet, tout un petit groupe d’artistes autour de lui, le maître et ses élèves, un peu à l’ancienne. C’était enrichissant, fascinant même, j’ai beaucoup appris dans ce contexte. Il m’a révélée à moi-même en tant qu’artiste. J’ai su à ce moment-là que je devais devenir artiste professionnelle. J’ai d’ailleurs écrit un livre il y a peu, où je raconte toute mon histoire.

Mon parcours personnel a été compliqué : j’ai fait une lourde dépression suivie d’une tentative de suicide car je voulais être artiste mais je n’osais pas me lancer, d’après mon éducation, être artiste n’était pas un métier et en même temps, je me sentais appelée, comme une vocation. Quand je me suis réveillée, j’ai su qu’il fallait que je sois peintre. C’est ma raison de vivre, la peinture est tout aussi importante que ma vie de famille. Je m’adapte d’ailleurs à mon rythme de famille, je peins chaque jour de la semaine de 9h à 16h, mais je réserve mes weekends aux miens, à la vraie vie.

 Maturation et évolution de l’œuvre.

Beaucoup de gens se demandent si ma peinture a changé depuis mon accident, en 2006. Je dirais que non. J’aime la figure humaine, fouiller l’être humain au-delà des apparences. Souvent, je conservais de vieilles toiles et repeignais par-dessus pour garder la trace. Certaines personnes trouvent que mon travail est torturé, mais pas forcément ! Je réponds d’ailleurs en ce moment à un appel à projet sur le thème du bonheur, en mettant des pastels, très peu de matière, en donnant dans l’aérien.
Je crois beaucoup à la psychogénéalogie, à ce que les aïeux nous transmettent, donc c’est vrai que ça peut donner un côté obscur à la peinture ; le fait également de repeindre sur de vieilles toiles, qui ont elles-mêmes déjà leurs propres cicatrices du passé…Tout cela concorde à rendre mon œuvre assez sombre. A l’heure actuelle, je pars plutôt de toiles vierges d’ailleurs, mais l’être humain est toujours au centre : visages, corps, silhouettes. Ce qui m’apporte beaucoup d’émotion, c’est de peindre sur de la danse. Je fais des performance : je peins pendant les concerts, les spectacles.

L’accumulation de lignes et d’espaces que je peins donne une impression de corps et de mouvement, sans que l’on distingue pourtant réellement le corps en mouvement, on sent davantage l’énergie, c’est suggéré, plutôt que montrer, mais c’est très fort.
Comme j’avais beaucoup de commentaires comme quoi mes toiles étaient angoissantes, je suis allée vers des choses plus légères pour contrer la mélancolie qui se dégageait de mes toiles. J’ai d’ailleurs fait une série intitulée « La belle Soulac », pendant le weekend 1900 de Soulac où chacun s’habille comme à la belle époque. Je m’installe dans la rue et dessine les gens qui passent. C’est une série de petits croquis, assez dessinés, très légers, et là on ne peut pas se dire que la peinture était angoissante. D’ailleurs, beaucoup m’ont été achetés pour décorer des chambres d’enfants. Mais à mon sens, un artiste doit aussi pouvoir être large sans se cantonner à un public et à un domaine. La vie c’est une succession de moments,, joyeux, légers, et tristes. Il en va de même en peinture. Après il y a des goûts personnels qui entrent en jeu : par exemple, j’adore Bacon, Egon Schiele. J’ai toujours aimé ce style de peinture, sans chercher de lien entre la trajectoire personnelle et les goûts. Je voyage beaucoup pour les performances, pour les expositions, j’ai besoin de me nourrir de relations avec l’extérieur. J’ai besoin, comme tout artiste, d’être isolée dans mon atelier et de pouvoir faire des rencontres, m’ouvrir au monde. Le temps passant, je sens que je m’améliore dans mes couleurs : j’expérimente une gamme chromatique plus large, les harmonies sont plus riches, les nuances plus présentes, je fais moins d’aplats et j’essaie de travailler davantage sur la matière.

Avant l’accident j’étais droitière, mais ce qui est fou c’est que pour la peinture et le dessin, tout est passé sur la main gauche avec une grande fluidité. Ca a été incroyable. Avant je ne pouvais pas faire un dessin précis de la main gauche.

Interview with Priscille Deborah (27/2/2015) : Her life story based on her desire to paint

I started painting when I was young, at the age of 8 years old. I took classes with different painters, first off learning everything about academic art, painting from plaster busts, taking classes at Versailles’ fine art institute. I then got into abstract art: materials, collage, anything that wasn’t rigid. I was in my twenties then. I had the chance to discover a painter who gave me small exercises, which I truly enjoyed, making random things, image transfers; everything was a new material to try out. This turned out to have its limits though, as it was too decorative and I wasn’t applying myself enough to it. I felt frustrated. It wasn’t what I was looking for. I wanted to create paintings grounded in emotion. I discovered a painter, Jean-Yves Guionet in 2002, who taught us about sensualist expressionism – you start in reality and move towards the painter’s own personal imagination and emotions, creating a highly sensitive piece, which permits a mass of other things to be created. This method reconciles both the possibility of making academic art whilst also bringing out the random and unconscious.

For example, when I let myself go too much, I turn my canvas entirely to see if this functions on a rhythmic and constructive level and I don’t think twice about breaking something which seems too defined. It’s empiricism. We paint according to our senses, even if we always end up being taken over by our brain.
I always have 5 or 6 canvases on the go at the same time. When I start a work session, in order to warm up, I begin with a blank or barely painted canvas to get myself into it, and after one or two hours I change canvas and work on one that is nearly finished. I can work on a canvas for up to six months, other times its happens in a flash.

“A flash of doubt, a flash of authority” as Nicolas de Staël said. Which is true, there comes a time when when you have to cut to the quick and go with it. We were a small group of artists studying with Guionet, the students sat around the master, in an old-style way. It was enriching and fascinating. I learnt a lot in this environment. He brought me out of my shell, as an artist. I knew at that moment that I had to become a professional artist. Incidentally, I have written a book that tells my whole story.
My personal journey was complicated. I became heavily depressed after a suicide attempt because I wanted to be an artist but I didn’t dare have a go. Following my education, being an artist wasn’t a profession, but at the same time I felt it was my calling. I knew that I had to be a painter. Painting keeps me alive, it’s just as important as my family life. I do however work around my family, painting every day of the week from nine until four, keeping the weekends to myself.

The ripening and development of her work

Many people wonder whether my paintings have changed since my accident in 2006. I would say no. I like the human form, searching for human beings beyond appearances. I often keep old canvases and repaint over them in order to keep the marks. Some people find that my work is tortured, but not necessarily! I am in fact currently participating in a project whose theme is happiness, using pastels, very few subjects and creating an ethereal look.
I really believe in psychogenealogy – in what our ancestors have passed on to us – so it’s true that my paintings gain a certain obscurity from this. Just like the fact that I repaint over old canvases, which already have their own scars from the past… All of these things make my works rather sombre. Right now, I prefer to start with a blank canvas, but the human form is always the focal point, be it a face, body or silhouette. What makes me very emotional is painting dance. I do performances where I paint during concerts and shows.

The accumulation of lines and spaces that I paint, create the impression of body and movement, without making a distinction between them. However, we really feel the energy of the body in movement, it is more suggested than shown, but it is very strong.
As I received a lot of comments that my canvases were harrowing, I moved towards lighter topics, going against the evident melancholy of my paintings. Moreover, I created a series entitled “The Beautiful Soulac” during the Soulac 1900 weekend, where everyone dresses up in the style of the Belle Époque. I sat on a street and drew the people who passed by. It’s a series of small sketches, well drawn and very light. Here, it cannot be said that my paintings are distressing. Moreover, many people bought them to decorate their children’s bedrooms. But to me, an artist should also have the power be free without restricting themselves to the public or to one area. Life is a succession of moments, both happy and sad. This comes out in paintings as well. Then there are personal tastes too. For example I love Bacon and Egon Schiele. I’ve always loved this style of painting, without looking for a link between my personal story and my tastes. I travel a lot for performances and exhibitions so I need to nourish myself with external relationships. I, like every artist, need to be alone in my studio and be able to meet new people, open up to the world. Over time, I feel that I’m improving my use of colour. I’m experimenting with a greater range of colours, richer harmonies, and clearer tones. I’m using less tint areas and I’m trying to work more with materials.

Before the accident I was right-handed, but crazily enough, I have used my left had for painting and drawing ever since with great ease. It’s incredible. Before, I couldn’t create a precise drawing with my left hand.

Translated by Panayiota Soutis

Ad Mare de Stefan Plenkers atelierbleu

Plenkers, l’Enchanteur…

Stefan Plenkers, en raison de ses dons et de sa mobilité native, s’est ou a été dispensé de toute servitude. C’est la peinture qu’il sert -exclusivement- avec modestie, énergie et passion, et à travers elle, ceux qui la regardent et qu’il respecte. Le temps presse. Le peintre s’escamote derrière les grands formats qu’il présente à la lumière, donnée par les deux fenêtres qui éclairent l’atelier.
L’œuvre est en cours : « Das Werk ist im Fluss » dit-il, comme on constate l’activité des éléments. Sa voix bien timbrée, articule l’impatience de faire, puis se taire. Rien ne saurait arrêter ce flux de lui à la toile, de la toile aux regards connus et inconnus qui, en retour, dynamisent la vision de l’artiste. Peu sensible aux douceurs qui s’attachent à la renommée, Stefan Plenkers puise dans le regard de l’autre l’énergie de se renouveler. La découverte de l’Asie en décembre 1988 a comblé le peintre, comme épaulé par ce sourire asiatique, qui dans la foule ouvre un espace intérieur et dessine une présence humaine, unique.

L’intimisme qui colorait jadis les scènes de cirque, carnaval, café, théâtres, tous ces lieux où le déguisement révèle les êtres dans la précarité des heures vides quand la fête s’éteint, est désormais dépassé. Les toiles récentes qui amorcent une descente en soi, dans les replis de l’imagination et des émotions individuelles et collectives imposent l’ampleur de la vision d’un artiste au lyrisme impersonnel, au meilleur sens du terme, qui transcende sa subjectivité dans la grande geste de l’humanité. L’agrandissement des formats, sensible au cours des dernières années (avant la chute du mur) et qui coïncide avec la découverte de nouveaux espaces géographiques, permet et déploie cette conquête de l’histoire et de l’intériorité de la conscience.

Les toiles récentes construites avec ampleur et fermeté illustrent cette avancée et témoignent d’une plasticité quasi organique. La surface colorée –noirs profonds moirés ou glacis bleus- incisés de signes qui ont l’autorité des palimpsestes sécrète des formes, des pensées révélant en filigrane d’autres présences qui s’évanouissent et se recomposent dans la trame assouplie de cette chorégraphie de figures. Ne dirait-on pas d’un art cinétique qui aurait intégré la fluidité, l’évanescence des émotions dans une composition lisible et poétique ? Evolutive en quelque sorte, l’œuvre continue à vivre sous notre regard, de notre regard.

Février 1989, M.-L.S.

Stefan Plenkers : Portraits de mémoire.

Stefan Plenkers a toujours manifesté le goût des autres et du lointain, saisissant à l’époque de la R.D.A, l’occasion d’une exposition au Musée de l’Ermitage de Saint Petersburg /Leningrad pour parcourir l’URSS de Moscou à Mourmansk et moissonner visages et paysages. Après la césure historique (chute du mur) et individuelle (grave accident), il pratique une anthropologie du proche. En virtuose du portrait à la pierre noire. Portrait de mémoire. Plenkers dédie ses sept dernières années aux visages, à cet inépuisable vivier de formes expressives qui « gardent » le pli de notre présence au monde. Au-delà de toute instrumentalisation idéologique, ses portraits sont une illustration de la geste humaine, les inconnus fraternellement mêlés aux figures tutélaires des illustres aînés.Il n’a quasiment pas portraituré ses proches, s’interdisant de figer ce qui se déploie, s’invente au fil des heures sous ses yeux. La vie à l’œuvre, irréductible à l’œuvre ?

C’est aux inconnus croisés un instant qu’il dédie son talent. Prestement, il tire un minuscule carnet de sa poche, fixe le point nodal du visage. Le caractère unique de chaque être convoque un parti prix formel en consonance avec cette brève épiphanie. Ces portraits en, effet, relèvent de l’exercice spirituel : exercice d’admiration à l’égard de Rembrandt, Schiele, Beckmann, Dix. Au-delà, c’est une offrande matinale : l’homme qui a traversé le miroir est vivant parmi les vivants qu’il à le pouvoir magique de soustraire à la disparition.

Mot de l’artiste…

« A ma peinture, je n’assigne pas de programme ; je n’ai pas de message explicite à délivrer à celui qui la regarde. Mes tableaux ne sont pas prédéterminés. Ils changent constamment, mais ces métamorphoses restent soumises à ce vers quoi je tends : la lisibilité et la rigueur des signes. Le tableau développe une vie propre qui stimule mon travail. Je ne raconte pas une histoire avec des images.
Je crois que mes toiles recèlent un secret qui ne se révèle pas d’emblée. Il m’est difficile de trouver un titre ; je voudrais ne pas figer le regard du spectateur, peut-être parce que moi-même je suis en quête de l’inconnu. »

 Stefan Plenkers
Traduction de M.L.S

Stefan Plenkers: Portraits of Memory

Stefan Plenkers has always conveyed the tastes of others and of far-off lands. He was given the opportunity to exhibit his work at the State Hermitage Museum in St Petersburg, allowing him to roam the USSR from Moscow to Murmansk, reaping many a face and landscape; a striking occasion at the time of East Germany. Following the historical event (the fall of the Berlin Wall) and a personal incident (a serious accident) he moved on to the study of cultural anthropology. He is a master of pencil drawn portraits – portraits of memory. Plenkers has dedicated the past seven years to drawing faces and the endless breeding ground of expressive forms. Beyond all ideological instrumentalisation, his portraits are illustrations of human gestures, mixing strangers with the tutelary figures of famous elders in a fraternal way.

Forbidding himself from capturing those around him, he has almost never painted his close family or friends, instead drawing from memory for hours and hours. But we must ask, can life be simplified into art?His talents lie in that moment, when two strangers first meet. He swiftly pulls out a notebook from his pocket and finds a face’s nodal point. Each person’s unique character convokes a bias that matches this brief epiphany. In a way, these portraits are a spiritual exercise: an exercise of admiration towards Rembrandt, Schiele, Beckmann and Dix. Beyond this, it is a divine offering. The man has passed over to the other side, living among other living things, however he holds a magic power: he will never disappear.

Words by the artist

“I don’t assign a programme to my paintings. I don’t have an explicit message to pass on to those who view them. My paintings are not predetermined. They constantly change, but their metamorphoses remain subject to what I’m trying to achieve: clarity and rigour. The painting develops its own life, which then stimulates my work. I am not using my images to tell a story. I believe that my canvases hold a secret, which does not reveal itself straightaway. I find it hard to find a title. I do not want to predetermine the viewer’s gaze, maybe because I myself am in search of the unknown.”

Stefan Plenkers
Translated into English by Panayiota Soutis