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Berliner Farbklänge I — Exposition collective

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Berliner Farbklänge I

Peintures, dessins
Lothar Böhme, Ulrike Bunge, Martin Enderlein, Rolf Lindemann, Stephan Plenkers, Micha Reich, Margot Sperling, Marion Stille

14 janvier  – 12 mars
Vernissage mardi 19 janvier à 18h – Présentation de l’exposition à 19h
La galerie propose une retrospective des artistes indépendants de Berlin et de Dresde qui, pour partie, ont élaboré leur œuvre dans l’ex RDA.

Exposés depuis 2007 à la galerie et récemment mis à l’honneur au Künstlerhaus Bethanien, Berlin (musée nationaux de Berlin).

L’exposition sera suivie de Berliner Farbklänge II.
La galerie MLS, depuis 2007, suscite un dialogue entre des artistes de Dresde et de Berlin et les plasticiens et photographes d’Aquitaine. Adossés à la modernité classique, ces artistes allemands réinterrogent la figuration avec les moyens éprouvés du dessin et de la peinture, au service d’un regard instruit par leur histoire individuelle et collective, les guerres, la « Grande », puis la « Deuxième », enfin les événements qui ont préludé à la Réunification. Le combat de chaque jour pour rester debout, au creux de la crise économique, se poursuit.
Persister dans un monde complexe et incertain à se saisir de la douce violence des moindres choses qui étoilent la vie des hommes quel que soit leur fardeau.

Lothar Böhme
Lothar Böhme, ses œuvres gravées, lithographies et estampes, tirées tout au plus à dix exemplaires, tout comme les petits et grands formats à la gouache et à l’huile, sont considérés par l’artiste comme des études préalables à la peinture, qui mettent à nu l’architecture de ces corps. L’artiste ne fait pas ou peu de dessins préparatoires. Les corps dans l’œuvre de Lothar Böhme n’immortalisent pas les grands acteurs de la geste humaine, ni tel modeste protagoniste, homme ou femme. L’artiste désactive du même coup – de pinceau – la logorrhée du discours critique qui prétend faire œuvre. C’est une leçon de clarté gagée par la cohérence d’une vie. Le refus de l’aliénation économique s’inscrit dans le prix modeste attribué à son œuvre, quand il ne doute pas un instant de la place qui lui revient.

Ulrike Bunge
Ulrike Bunge, née en 1956 dans le Brandebourg, vit et travaille dans le Prenzlauer Berg, le Montmartre berlinois. L’artiste, issue de l’univers du design et de l’architecture intérieure capte, sur ses toiles de grands formats, les sources d’eau et de lumière. Là, s’originent les paysages du dehors et du dedans.

Martin Enderlein
Martin Enderlein, interroge la figuration accomplie telle Suzanne et les vieillards de Rembrandt pour se l’approprier à travers la technique du monotype qui lui ménage surprise et décalage où découvrir et inscrire sa propre subjectivité. Les cavaliers, cous coupés, privés de leurs jambes, trouvent dans la picturalité raffinée et dans le tremblé opéré par la technique du monotype comme un ersatz de monstration de puissance. Telle les statues équestres qui quadrillent nos capitales européennes. Les natures mortes développent ce même rapport au temps qui passe et qui délite toute chose. Les fragments de notre histoire, tête de statue, masque antique de l’acteur, tête de lion, fleur de lys de la chrétienté reposent, dans la conciliation subtile des bruns, des gris, des sables, des mauves et des roses fanés. 

Rolf Lindemann
Rolf Lindemann, à l’égal de ses amis berlinois, est très inventif dans le cadre limité de thèmes de prédilection, par ailleurs chers aux artistes de la modernité classique : paysages, ateliers, natures mortes et portraits – pour la plupart couples ou autoportraits. Tournant le dos au réalisme socialiste narratif et illustratif, il réinterroge la figuration, en quête d’une forme expressive qui intègre sa perception de la réalité, physique, intellectuelle, émotionnelle. En mobilisant, sans restriction, toutes les armes de la peinture, du dessin et de la gravure, à l’exclusion de tout autre moyen. L’accointance originelle et culturelle avec la caricature, le grotesque qui témoigne tour à tour d’une proximité fraternelle ou d’une brusque mise à distance, s’allie, chez le tout jeune Lindemann avec l’inimitable tremblé qui cisèle les dessins de Rembrandt dédiés à sa mère et au grand âge. L’homme n’est pas bavard ; plutôt discret. Sa saisie de la réalité, en tant que plasticien est, en revanche, sans le moindre à priori, concentrée et déterminée. Étonnamment roborative. Aujourd’hui comme hier, Rolf Lindemann est étranger à tout ce qui relève d’un consensus esthétique. Maître-graveur, dessinateur très averti et peintre audacieux, il obéit à la seule intimation de son regard intérieur qui métamorphose visages, groupes de personnages, paysages, ateliers et appelle l’exploration d’une forme particulière. Sans fioriture, déconcertante, décapante. Dans l’oubli d’un long savoir et d’une virtuosité au service de l’avènement de ce qui nous échappe : nos grimaces, notre étrangeté… Notre humanité?

Stephan Plenkers
Stefan Plenkers, en raison de ses dons et de sa mobilité native, s’est ou a été dispensé de toute servitude. C’est la peinture qu’il sert -exclusivement- avec modestie, énergie et passion, et à travers elle, ceux qui la regardent et qu’il respecte.

Michael Reich
Micha Reich, maîtrise le motif du corps. Corps désaxé, corps désirant, corps lévitant, pensant et rêvant. Le corps invente l’espace qu’il investit. Passionnante pour lui et pour nous, l’aventure d’une peinture « quimboisée » : pigments ocres et sang, mêlés aux substances chimiques inédites, dont le « révélateur » bien nommé. Les tâches de Rorschach convoquent des formes originelles qui hantent les fonds marins et nos entrailles. Pensées organiques, disque dur de notre humanité inlassablement reformaté.

Margot Sperling
Margot Sperling, née en 1939, a vécu et élaboré son œuvre à Berlin-Est, dans l’ex RDA, à distance du réalisme socialiste et de ses réseaux. Elle a choisi de renoncer aux facilités réelles, consenties aux artistes politiquement corrects, par la politique culturelle impulsée par la SED. Pour elle donc, peu d’opportunités et de visibilité. Vie frugale, aux limites moins consenties que conquises dans l’effort et la douleur comme un espace infini et extrême.

Marion Stille
Marion Stille, peint sur toile ou sur un carton épais à l’huile ou à tempera. Elle travaille aussi à fresque dont elle enseigne l’art au sein des ateliers des Musées nationaux de Berlin.   Les bleus, les ocres et les gris de Marion Stille renvoient à la perception des paysages de la nature : ciels ardoisés, champs lacérés de gris, tavelés de pluie, fleuris d’ocre substantiel, noyés de gerbes d’écume. Certaines œuvres gardent l’empreinte profonde du trait, d’autres progressent par aplats pastellisants. Les sonorités extrêmes ne sont jamais violentes ni arbitraires, parce qu’issues d’une culture picturale ou en rupture avec elle. La construction du tableau demeure. L’artiste est étrangère au Minimalisme et n’a rien oublié ni congédié de ses expériences passées.

M.-L. S.

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