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La couleur en tête — Wolfgang Leber

La couleur en tête – Wolfgang Leber

 

Wolfgang Leber, qualifié de « spiritus rector » de la scène indépendante berlinoise des années 60 à nos jours, ancre son œuvre dans l’espace urbain (emboîtement des espaces intérieurs complexes à trois dimensions, métro, gare…) dont il fixe et magnifie les lignes de fuite. Avec le renfort de couleurs raffinées et lumineuses– au pire des années noires du Réalisme Socialiste- L’artiste extrait du labyrinthe du métro la grâce et la musicalité d’une miniature persane.

Son « Zirkel » indépendant a constitué une académie parallèle, partie intégrante de l’identité artistique et socioculturelle de l’ex R.D.A. et des Länder de l’Est au sein de la R.F.A.. L’artiste s’est révélé difficilement instrumentalisable par une idéologie quelle qu’elle soit.
Wolfgang Leber, avec ses amis, Hans Vent, Lothar Böhme, Michael Reich, Dieter Goltzsche, Klaus Roenspiess, dans l’Ex RDA, a élaboré son œuvre dans l’angle mort de l’histoire, sourd aux injonctions de la politique culturelle impulsée par la S.E.D. (parti socialiste unifié). Renoué aux artistes européens (Matisse, Braque, Seurat, Picasso), il a partagé l’ambition de cultiver une autonomie maximale formelle et morale.
Wolfgang Leber, à son tour, contribue à éclairer la spécificité de la scène artistique berlinoise indépendante, à l’interface de la ligne de démarcation qui la sépare des démocraties occidentales et dans la promiscuité géographique du pouvoir central.
Dans l’œil du cyclone.

MLS