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Extrait de la conférence de Paul Leuquet le 26 mai 2016 à la Galerie MLS lors de la Fête de l’Estampe

Paul Leuquet : « Très jeune, le dessin m’a passionné. Mes parents m’ont conduit dans un atelier à 16 ans, on m’a donné des bases et ils m’ont fait rentrer aux Beaux-Arts en 1953. Ma première exposition a eu lieu en 1957 chez monsieur René et au fil du temps, il y a eu des gravures qui se sont échelonnées, un premier livre, des textes enchâssés dans la gravure, etc. En 1965, je me suis lancé dans cet ouvrage que j’avais intitulé Les images et la Nature avec 18 burins et 18 textes originaux, et dont René Huyghe a fait une préface qui se termine comme ceci : « Dans mon texte aussi bien que dans vos gravures vous atteignez souvent une rare poésie, vous retrouvez ce don qu’ont les animaliers préhistoriques de caractériser un animal avec tant de force et saisissant l’essentiel. C’est en sa race entière que l’on comprend la nature. »

Je continuais également à faire des aquarelles. Faute de place, je n’avais presque pas repris la peinture à l’huile, pas suffisamment. Je ne l’ai vraiment reprise qu’à partir de 1985. En 2010, il y a eu une rétrospective à la salle capitulaire, monsieur Juppé est resté une heure et demie, et il y avait beaucoup de monde. Par ailleurs, j’ai toujours continué à écrire. Je vais vous lire quelques uns de mes poèmes, à savoir Papillon, La voix des mers, La rose rouge, Souffrance, La fourmi, et La petite couturière des enfers. »

Michel Suffran : « Ce qui me fascine toujours chez Paul c’est que c’est un magicien. Il arrive à exprimer un monde et surtout ce qu’il y a autour. Les œuvres du bestiaire sont sublimes, ce sont des œuvres d’une telle force ! Il est toujours allé à l’aventure de lui-même. C’est une chose qui est très émouvante chez lui et en ce sens, Paul est quelqu’un dont l’art vient de la magie. Dire ce qu’est Paul est une chose très difficile, il faudrait dire ce qu’il n’est pas. Il a en lui cette flamme qui l’habite et qu’il nous communique à travers son œuvre. Ses dernières toiles atteignent une espèce de secret. On est invités dans un monde de transparence, il ouvre les portes à celui qui regarde. Paul est là comme un enchanteur rempli de jeunesse de cœur et d’esprit et il a le courage de se renouveler. » 

Paul Leuquet : « François Mauriac m’avait dit en 1968 que j’étais le « graveur de l’invisible » et pourtant il m’avait dit qu’il n’y connaissait pas grand-chose en gravure, contrairement à la poésie. Je considérais toujours que l’écriture, la peinture et la gravure formaient un triangle dont les pointes sont séparées mais se rejoignent à l’infini pour atteindre la poésie. C’est vrai qu’à travers une forme on peut tenter de faire passer l’inconnu qui est derrière.  Même dans ces recherches qui tentent d’aller au-delà du réel apparent, il faut rester toujours dans la simplicité, l’humilité. Quand on travaille, on doit être dans l’humilité. C’est après que l’on peut avoir confiance en son art. »

Retranscrit par Pauline Lapeyronnie pour la Galerie MLS le 27 mai 2016