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Le jour où Fidel Castro est mort… – Monique Patrin

41-cinefuego

Le jour où Fidel Castro est mort…

Exposition de photographies de Monique Patrin

Du 4 au 27 janvier 2018

 

Monique Patrin n’a pas pris rendez-vous avec l’Histoire et cependant elle a atterri à La Havane, Le jour où Fidel Castro est mort…, demeurant à Cuba les neuf  jours consacrés au deuil, pour y faire des photos.

Sans arrière pensée journalistique ou idéologique, les photos de Monique Patrin concourent, de fait, à la réception de ce moment historique que marque le départ définitif du Lider maximo pour les Cubains et, à l’échelle du monde, pour tous ceux qui suivirent Le Che, sur le sentier lumineux, au fil de la plume ou depuis leur chambre tapissée de posters à son effigie.

Le regard non prévenu de Monique Patrin est calme, attentif, ouvert donc à la révélation singulière de ce microcosme de sens, détaché du grand tout par le cadrage de l’objectif.

Dans l’oubli de soi.

Le potentiel plastique, émotionnel et réflexif du fragment de réel à la portée de son regard est, au maximum de son rayonnement paisible, intuitivement sélectionné et intercepté par son appareil reflex.

Les rues, d’ordinaire bigarrées et sonores sont quasiment vides. Les couleurs, à la fête, occupent le haut du pavé en ces jours sans musique et sans alcool. L’architecture se perçoit dans sa théâtralité, avec ses trompe-l’œil, les palimpsestes des fresques représentant les icônes de la geste révolutionnaire, délitées par le temps et que répare, parfois, une pieuse main malhabile.

Les vivants dialoguent désormais commodément avec les effigies des glorieux défunts. Un  homme, sur la pierre du seuil, a pris position face à Fidel Castro dans sa maturité triomphante. Une petite fille avec sa mère joue au toton, tel trois siècles plus tôt, l’enfant de Chardin. L’objectif de Monique Patrin saisit la grâce de ce moment d’intimité à ciel ouvert, le regard éclos de l’enfant, et sous la table, les pieds baillant dans la sandale. Ainsi la photographe « cueille » l’imperceptible battement de l’instant. De même, les tout jeunes enfants, pressés derrière la grille, révèlent l’intensité et le mystère de leur présence : une main potelée, une joue dans la lumière, un regard en soi…

L’objectif de Monique Patrin apprivoise au loin — si « loin » existe encore — les paysages naturels et urbains, et les visages qui laissent voir leur manière d’être au monde qui nous renvoie à la nôtre.

Marie-Lys Singaravélou

Le 29/11/2017