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Landry

Entretien avec Landry à la galerie MLS le 19 mai 2016

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M.L.S. : Vous travaillez depuis quand ?

B.L. : Trois-quatre mois, avant je faisais du dessin depuis cinq ans. Je dessinais enfant comme tout le monde, puis à l’adolescence et ça fait cinq ans que j’ai renoué avec le dessin, maintenant j’arrive à avoir plus de régularité dans mon travail.

M.L.S. : Vous avez fait quel parcours ?

B.L. : Autodidacte, avant j’ai fait du théâtre, du piano… Aujourd’hui c’est un passe-temps. J’aime les plaisirs du dessin, depuis peu je m’essaye au monotype. Je fais d’ailleurs partie d’un atelier collectif qui s’appelle la Chiffonne Rit[i], en face du Pont de Pierre, quartier Galin à Bordeaux. C’est un ancien garage aménagé où on est 35-36. Je fais du dessin, il y a un peintre, un musicologue, un écrivain, des architectes. C’est aussi un espace de coworking interactif. Dans mon atelier je propose deux fois par semaine une initiation au monotype à la gouache ; à des adultes pour l’instant. Pas besoin de savoir dessiner, peindre. C’est un début pour moi, pour aller ensuite vers des ateliers de linogravure.

M.L.S. : Vous souhaiteriez vivre de cet art ?

B.L. : Oui bien sûr. Il n’y a pas que les expositions, que des gens qui font de la BD. J’ai un ami illustrateur naturaliste qui gagne sa vie de commandes de magasines animaliers par exemple la Hulotte. Tout un tas de magasines font appel à des illustrateurs pour garder un peu le côté pictural.

M.L.S. : Avez-vous travailler pour des magazines vous-même ?

B.L. : Non mais l’été dernier je suis allé sur les marchés pour voir comment les gens se comportent, ça m’a également permis de rentrer dans mes frais, même de faire un peu de bénéfice. J’ai eu des commandes, ce qui m’a permis de faire des sérigraphies, des cartes postales, des originaux. Il y a eu après le marché Darwin où j’ai bien vendu.

M.L.S. : Vous passez par internet ?

B.L. : Non pas encore mais je suis en train de créer un site internet. Je prépare aussi un voyage dans le nord de l’Inde, plus précisément au Ladakh, pour y réaliser un carnet de voyage. Je vais prendre beaucoup de papier, de carnets, faire des croquis et puis travailler à partir de photos, justement pour réaliser un carnet de voyage sous forme de portraits naviguant entre le figuratif et le lyrisme. A partir des photos je vais aussi réaliser des gravures

M.L.S. : Pour le publier par la suite ?

B.L. : J’aimerais bien en effet. J’aimerais lui donner un sens. Je n’aime pas trop les carnets de voyage type « Aujourd’hui j’ai pris un thé, demain je prends l’avion, rencontre avec un tel », même lorsqu’ils sont esthétiquement très beaux, 80% se font comme ça. J’ai un contact avec un anthropologue, Laurent Pordié[ii], qui a vécu au Ladakh et a monté une ONG, Nomad RSI[iii], pour aider les Amchi, des médecins traditionnels. Il va m’envoyer des photos pour en faire des portraits et l’introduction du carnet.

Je n’ai pas fait de formation ni d’école à part l’atelier de la Belle Estampe plus des cours de dessin à l’Académie Fusain Sanguine[iv] à Bordeaux. Je n’ai pas de référence, je m’appuie sur le minéral et le végétal, le lyrisme de la nature, pour faire quelque chose de très personnel. Je prends le temps de découvrir. Je préfère partir de moi-même pour expérimenter.

[i] www.lachiffonnerit.com
[ii] www.cermes3.cnrs.fr/fr/membres/167-pordie-laurent
[iii] www.nomadrsi.org
[iv] www.academiefusainsanguine.com