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Parade, Circus & Co — Exposition collective

Parade, cirque &Co.

A la suite d’Armés jusqu’à l’âme, exposition des oeuvres puissantes et raffinées de Lothar Böhme, sera inaugurée Parade, cirque & Co., le  samedi 5 mars à 17h en présence des artistes Martin Enderlein et Michael Bartsch, venus tout exprès de Berlin.
Cette récréation du 5 mars au 5 mai 2011 annonce et accompagne le printemps sur un thème ludique qui convoque l’enfance des artistes et tout un index des représentations familières de l’histoire de la peinture, en particulier de la modernité classique française, à laquelle sont adossés ces artistes berlinois issus de l’exRDA. En effet, Lautrec, Seurat, Leger et Picasso – ce dernier inspiré par les Les saltimbanques de son ami Guillaume Apollinaire qui consonnent aussi avec l’imagier de Martin Enderlein – dédient leur talent aux splendeurs et misères du Cirque, métaphore de la « vraie vie ».
Pierrots, jongleurs, écuyères et dompteurs sont, sous le chapiteau, réduits au seul avoir de leur corps rompu au dialogue avec l’infiniment petit et l’infiniment grand : l’oeuf et l’anneau, le chaton et le chameau, les tigres et les éléphants.
Depuis toujours les jeux du cirque doublent la vie, l’éludent et la risquent.
Les corps ductiles sont exhaussés, les fauves de Doris Leue, humanisés ; le dompteur de Goltzsche qui les tient sous son regard est habité lui-même par les attentes et les pulsions qu’il déjoue et canalise.
Sur le sable de l’arène, dans le chaos ordonné des rencontres improbables entre choses, bêtes et gens, s’inscrivent et s’effacent les traces de nos peurs et de nos exploits,.
Flux et reflux d’une marée prédestinée aux plasticiens qu’elle porte et déporte.
Le manège condense à lui seul l’arène du cirque tournant sur elle-même et propulsant dans une ronde sans fin l’Arche de Noé, ancrée pour l’éternité.

Michael Bartsch combine héraldique et bestiaire de manège pour figurer une traversée du temps. Poétique, limpide et énigmatique.

Martin Enderlein, pétri de culture et d’histoire inlassablement revisitées, nous offre une série de monotypes aux tons sourds et raffinés qui illustrent les « riches heures » des gens du voyage.

Dieter Goltzsche, membre de l’Académie des arts de Prusse et honoré par le prix Hannah Höch, nous a adressé des dessins historiques, aquarelles au crayon et à l’encre de la fin des années 60, des petits formats répliquant l’espace réel du cirque, limité mais saturé par de fortes présences venues d’ailleurs. Goltzsche a transmi ses valeurs, l’acuité de son regard insatiable, aux artistes ici présents qui ont bénéficié de ses cours au sein de l’atelier de gravure de l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Weissensee à Monbijouplatz ou de son « Zirkel », tels Martin Enderlein et Doris Leue.
Michael Bartsch, plus proche encore, a été son élève-maître (Meisterschüler) pendant quatre ans à l’Académie de Berlin.

Le bestiaire de Doris Leue met en oeuvre sa connaissance de l’anatomie des bêtes minéralisées qu’elle côtoie au quotidien à l’occasion de ses activités au sein du Museum d’histoire naturelle de Berlin. Elle sécrète à partir de ces bases scientifiques des formes baroques mi-bête mi-homme intensément présentes, étrangement humaines.

Michel Mendès France, que les artistes berlinois ont souhaité joindre à eux, est mathématicien. Il tient probablement de sa mère Lily Mendès France le crayon et la plume qui, telle la baguette du magicien, règle la circulation entre la réalité et le songe, la décence et le désir, le corps de la basse et celui du bassiste.