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Paysages… — Marion Stille

Paysages… de Marion Stille

marion stille

Marion Stille est paysagiste ; le paysage réel est intégré au tableau sans être topographiquement identifiable. Il est appréhendé d’abord à la faveur de dessins à la plume, de gouaches sur papier, de format modeste, qui captent l’esprit du lieu ; le motif est fixé avec les résonances qu’il suscite. Les lignes de forces, les sonorités, la lumière sont notées ; le croquis est accroché aux murs de l’atelier pour mémoire et réactualisation de cette rencontre initiale qui va se déployer, s’accomplir à la surface de la toile. Cet aide-mémoire reconnecte l’artiste avec ce moment donné de son existence, dans un lieu d’élection, défini génériquement comme « Stadt, Fluss, Ebene, Gebirge, Meer » (ville, fleuve, plaine, mont, mer). Le mouvement se matérialise, la masse devient lumière. Les bleus, les ocres et les gris de Marion Stille renvoient à la perception des paysages de la nature : ciels ardoisés, champs lacérés de gris, tavelés de pluie, fleuris d’ocre substantiel, noyés de gerbes d’écume.

Le feu couve et se propage sur la toile, innervée de traits qui s’éploient et se resserrent, à l’instar des chemins, des voies d’eau, des lanières végétales qui permettent et inscrivent les allées et venues des hommes. Les toiles de Marion Stille sont habitées sans qu’y paraissent les hommes. L’érection tectonique des monts et des villes, les fleuves qui se rendent à la mer, l’effusion de la couverture végétale sont incorporés par l’artiste qui les accueille, les fait vivre en elle. Elle en retranscrit les lignes de force, la substance colorée, son propre souffle confondu avec l’esprit du lieu. Lors de la rencontre initiale, ultime ou renouvelée dans la douceur moins l’usure. L’eau qui coule sous sa fenêtre, la montagne entre-aperçue de très loin, à l’autre bout du monde, requièrent également ses soins.

Marion Stille est paysagiste ; le paysage réel est intégré au tableau sans être topographiquement identifiable. Il est appréhendé d’abord à la faveur de dessins à la plume, de gouaches sur papier, de format modeste, qui captent l’esprit du lieu ; le motif est fixé avec les résonances qu’il suscite. Les lignes de forces, les sonorités, la lumière sont notées et le croquis est accroché aux murs de l’atelier pour mémoire et réactualisation de cette rencontre initiale qui va se déployer, s’accomplir à la surface de la toile. Cet aide-mémoire reconnecte l’artiste, à la demande, avec ce moment donné de son existence, dans un lieu d’élection, défini génériquement comme « Fluss, Ebene, Gebirge,  Woge » (fleuve, plaine, mont, vague). Le mouvement se matérialise, la masse devient lumière. Les bleus de Marion Stille renvoient à la perception des paysages de la nature : ciels ardoisés, champs lacérés de gris, tavelés de pluie, fleuris d’ocre substantiel, noyés de gerbes d’écume.
Marion Stille travaille sur toile ou sur un carton épais à l’huile ou a tempera. Elle travaille aussi à fresque dont elle enseigne l’art au sein des ateliers des Musées nationaux de Berlin. Son mari Johannes Bauer est un trompettiste renommé. Elle vit et peint dans le sillage de la musique plus que des mots. Son patronyme Stille, signifie silence.

Les paysages de Marion Stille.

1. Marion Stille entend l’appel du dehors. Aussi citadine soit elle, la peinture de Marion Stille est indissociable du paysage. La conscience toutefois garde l’empreinte de la ville qui s’efface devant le paysage. Cette tension engendre le processus créateur et l’innerve.
2. Les lieux qui retiennent l’artiste se signalent par les champs de forces à l’œuvre. Tantôt ils sont élémentaires : montagnes, rivages, fleuves ; tantôt ils portent l’empreinte des hommes : Jardins italiens, Champ violet et champ rouge ; il arrive que la cité elle-même se révèle à l’artiste tel un paysage.
3. Les œuvres modestes sur papier, dessins à la plume et gouaches naissent en plein air à même le motif et constituent une approche globale du lieu. Structures et rythmes sont élucidés, les tonalités et la lumière sont notées. Fixées aux murs de l’atelier, elles épaulent par la suite le projet pictural, l’idée de l’œuvre et rappellent l’expérience vécue alors.
4. La mise en forme opère un reflux progressif des tensions suscitées par la magie du lieu. Se présentent des états intermédiaires. Les couleurs sèchent avant le passage de la couche suivante. Des pauses plus ou moins longues s’avèrent nécessaires qui permettent à l’artiste de se réassurer du point de départ de l’œuvre. Quand elle a rallié le point initial de la plus grande intensité, de la plus grande transparence de l’architecture secrète du paysage, elle lâche son œuvre comme un oiseau.
Apparaît alors une réalité nouvelle, picturale, qui captive notre regard.
5. Les paysages de Marion Stille sont pareils au cristal qui se forme lentement, qui métamorphose le temps en éternité, dur, limpide et irradiant des profondeurs.
Ces paysages toutefois ne sont pas immobiles. La quête de l’esprit du lieu est toujours quête de structure et s’opère avec les pigments sur la surface de la peinture. L’identité du lieu entrant en correspondance avec l’imagination créatrice du peintre. Vibrations intérieures et extérieures se rencontrent et s’harmonisent. Alternent des phases de calme et d’agitation. Les émotions sont tour à tour apaisées et exaltées, les articulations de la composition tour à tour congédiées et confirmées.
6. Paradoxalement, le mouvement devient matière dans les paysages de Marion Stille, tel un mystérieux tapis de couleurs, formes et lignes entrelacées. Peintures et dessins sont indissociables et se répondent.
7. Une seule et même force les sous-tend.
8. Marion Stille nous révèle la magie des lieux. Ses paysages sont inépuisables. Nous sommes attirés dans leur champ comme dans une pièce de musique. Comme si on ne voyait plus avec les yeux seuls. Comme si les couleurs bruissaient.
Le rythme s’imprime à notre corps…
Nous prend l’envie de danser.

 

Marion Stille peint sur toile ou sur un carton épais à l’huile ou a tempera. Elle travaille aussi à fresque dont elle enseigne l’art au sein des ateliers des Musées nationaux de Berlin. Son mari Johannes Bauer est un trompettiste renommé.

Elle vit et peint dans le sillage de la musique plus que des mots.

Son patronyme Stille, signifie silence.

MLS.