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Sabine Peuckert

Sabine Peuckert réagit à l’ébranlement suscité par ce qui lui est donné à voir, à entendre,  au fil des jours buissonniers : ses perceptions sélectives propres à animer sa scénographie intime métamorphosent instantanément le dispositif qui s’imprime sur sa rétine. Le dessin achevé sédimente les saisies de moments successifs de l’existence, en quelque sorte, mimétique de la surface de la terre qui a subi plusieurs marées tectoniques. L’outre-mer profond, du bleu vitrail de la Sainte chapelle au bleu Klein, opère encore. Il pose son manteau de divine lumière sur les échafaudages fragiles et obstinés de notre maison d’enfance, de nos rêves diurnes et nocturnes, de nos désirs inassignables. Les vestiges de constructions anciennes, les colombages de la Thuringe natale de l’artiste, composent avec la géométrie âpre des paysages urbains berlinois.

À égalité avec le ciel des marelles et autres chambres intérieures esquissés sur le gravier de la cour de l’école. Le bleu, noir lumineux, blanc extrême, aube et soir, à l’interface de la terre et du ciel, enchâsse sur les belles feuilles de Sabine Peuckert la menue monnaie de notre âme. Pastille d’or dans la nuit, charbon ardent, rose nacrée du coquillage qui retient la rumeur de la mer en nous. « Helden, Liebesbrief, Pionierlager ». La menue monnaie de notre âme, la seule qui ne fluctue pas.

Sabine Peuckert travaille quasi exclusivement sur papier, sur carton fin et avec prédilection sur le papier japon très absorbant et propre à porter et supporter ces couches superposées de bleu. Ultramarin, Pariser Blau, Preissischer Blau, Colbad Blau, Cadmium Blau, rehaussés, à l’occasion, d’un soupçon de noir ou de garance, donnent le bleu profond et lumineux qui baigne son univers poétique. Espaces intérieurs, chambres bleues tramées d’architectures intimes, ponctuées d’énigmatiques présences, fragiles et souveraines.

M.-L.S

Sabine Peuckert a participé à 2 expositions de la Galerie MLS :

La chambre bleue
Villes & Jardins